Des membres du Sénat veulent illégaliser la fessée.

24 juillet 2011 par Durandal

La sénatrice libérale (non-élue) Céline Hervieux-Payette veut proposer un projet de loi qui rendrait l’usage de la punition corporelle (tape, fessée) un acte hors-la-loi au Canada. Sur son blogue, elle déclare que « Les parents ne sont pas souverains dans leur façon de traiter un enfant (…) Les enfants (…) ont droit aux mêmes privilèges que leurs parents », et autres affirmations tendancieuses.

En entrevue sur Sun News, cette sénatrice s’appuie sur la récente législation fédérale qui criminalise la violence faite aux animaux domestiques ; argumentation intensément absurde, il faut dire : les humains ne sont pas des animaux, la protection des animaux de doit pas servir de normes dans les sociétés qui reconnaissent la particularité de l’humanité. Se baser sur des comparaisons avec les animaux pour établir nos lois humaines représente une terrible régression de la civilisation.

Mme Hervieux-Payette répète aussi que l’« évidence scientifique » démontrerait que les enfants qui sont punis corporellement par leurs parents éprouvent plus de difficultés dans leur vie adulte, même si elle n’était pas en mesure de se référer à une seule étude qui corroborerait son opinion. Le bon sens commun dit plutôt l’inverse : les enfants désobéissants qui sont punis corporellement lorsque les circonstances l’exigent (les punitions non-corporelles ont leur limite d’efficacité) sont généralement ceux qui deviennent des adultes plus respectueux. La montée dramatique de la délinquance et de l’incivilité chez les jeunes des dernières générations s’explique certainement par le manque de discipline familiale depuis la génération du bébé-boum. Trop de laxisme éducatif produit des personnes qui n’apprennent jamais comment interagir maturément avec les autres.

Assurément, si l’on constate des séquelles physiques sérieuses sur le corps des enfants (lésions graves comme un œil au beurre noir, lèvre fendue ou nez cassé), l’on peut s’enquérir de la situation. Cependant, les larmes de crocodiles et les fesses rouges ne sont aucunement du domaine des fonctionnaires de l’État. Or le Code civil du Québec et le Code criminel du Canada anglais contiennent déjà des dispositions suffisantes pour faire face à ces situations, les réglementations supplémentaires souhaitées par cette sénatrice verseraient donc dans l’outrance et l’exagération.

D’autre part, Mme Hervieux-Payette est aussi une partisane de la discrimination dite « positive » dans les conseils d’administration des entreprises privées. Non seulement prône-t-elle une ingérence inadmissible de l’État dans les affaires internes des sociétés non-étatiques, mais elle veut des mesures coercitives contre les entrepreneurs, administrateurs et travailleurs du sexe masculin qui seraient – selon sa logique – coupables d’être… nés de sexe masculin. Nous ne sommes pas certains si c’est le cas de Mme Hervieux-Payette, mais plusieurs idéologues féministes vont jusqu’à préconiser l’imposition de quotas de députées féminines aux parlements ! Cette mentalité antidémocratique a notamment été réfutée par la sociologue Joëlle Quérin.

Mais revenons à la question de la tape sur les fesses : la sénatrice Hervieux-Payette et ses acolytes cherche-t-elle vraiment à « protéger les enfants » en s’immisçant dans la relation parent-enfant et en minant l’autorité parentale en matière d’éducation ? Ces beaux discours et ces intentions pieuses ne cachent-ils pas un agenda plus lourd, une idéologie inavouée qu’il est possible de cerner ? Tout observateur attentif comprend que la rhétorique progressiste ne s’accorde pas avec les faits réels.

S’il faut prévenir la violence grave faite aux enfants, alors la science sociale démontre incontestablement qu’il faut renforcer la famille traditionnelle – et non pas l’affaiblir comme s’y évertuent Mme Hervieux Payette et ses disciples féministes. En effet, les enfants de mères divorcées ou jamais mariées ont six à trente fois plus de chances de souffrir d’abus violents que les enfants élevés par leurs deux parents biologiques dans le mariage. De plus, les politiques gouvernementales de promotion du divorce se sont avérés être une tragédie pour les enfants sur les plans identitaire etéconomique tant au Canada qu’aux États-Unis, le mariage étant la plus grande arme contre la pauvreté des enfants.

En vérité, les progressistes ont peu d’égards quant au bien-être des enfants. Cette volonté d’illégaliser la fessée s’inscrit dans un contexte idéologique plus large. Dans la mentalité gauchiste, les enfants appartiennent à l’État (fonctionnaires) et non à leurs géniteurs & pourvoyeurs (parents). Le but des progressistes – et des étatistes en général – est de démanteler la structure familiale. Pourquoi ? Car l’institution de la famille constitue un contre-pouvoir avec lequel les gouvernants doivent composer. Détruisez ce contre-pouvoir en disloquant la famille, et vous voilà débarrassés d’une barrière au pouvoir absolu !

Une conséquence collatérale de cette illégalisation sera aussi de compliquer – voir de rendre impossible – la mission éducative des mères de familles. Ces féministes en sont conscientes : c’est leur objectif ! Elles ne veulent pas aider les gens, elles veulent imposer leur ordre nouveau et créer l’homme nouveau en fabriquant en chaos et en posant l’État comme solution. Pour le progressisme collectiviste, la seule communauté qui doit exister est la communauté étatique. Selon cette doctrine, la société n’est rien d’autre qu’une somme d’individus individualistes, liés entre eux uniquement par la coercition étatique (et l’endoctrinement socialiste). Conséquemment, toutes les autres formes de collectivités (familles, églises, communautés non-étatiques, etc.) sont perçues comme des ennemies naturelles du système.

L’idée n’est pas nouvelle. Si on creuse l’histoire, on s’aperçoit que ses racines idéologiques sont assez vieilles. C’est au soi-disant « Siècle des Lumières » (le XVIIIe) que des philosophes bien-pensants comme Voltaire, Helvétius, Rousseau et Robespierre ont propagés la doctrine selon laquelle les enfants appartiennent à l’État et qu’ils doivent être séparés de leurs parents dès qu’ils ne portent plus de couches. Un historien (le pasteur Réal Gaudreault) l’explique documents à l’appui dans ce vidéo.

Durandal

Si vous comprenez l’anglais, l’entrevue de SunNews est à voir. Le commentateur Charles Adler fait valoir de bons points à la Sénatrice.

 

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